
Tous les 28 jours, de la puberté à la ménopause, les femmes ont leurs règles.
Bien qu’il s’agisse d’un processus biologique normal et d’un signe de bonne santé reproductive, celles-ci sont encore trop entourées de tabous, silences voire même de souffrances. Il faut en finir avec ce tabou !
En 2014, la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle a été initiée à la fois afin de lever le voile et pour briser le silence autour d’une question qui touche directement, à un moment de leur vie, la moitié de la population mondiale : les femmes.
Son objectif est de mettre en évidence les défis auxquels celles-ci font face et les droits dont certaines sont privées de ce fait. Les plus fondamentaux, qui devraient être garantis à toutes pour parvenir à la bonne gestion de leur flux menstruel, et ce de façon hygiénique, sont la mise à disposition d’installations sanitaires appropriées ainsi que l’accès à des produits d’hygiène adéquats comme du savon pour se laver les mains ou encore des protections hygiéniques correctes. Si cela semble être une évidence pour certains, ce n’est pourtant pas une réalité pour toutes.
Cette journée est là pour nous rappeler que beaucoup de femmes, chez nous et à travers le monde, n’ont pas cette chance car l’hygiène menstruelle est inégale selon notre pays, nos origines, notre milieu social et notre éducation.
Chaque mois, certaines femmes se retrouvent face à un dilemme de taille : s’acheter de quoi se nourrir et se passer de protections hygiéniques ou inversement ! Elles doivent donc ainsi renoncer à des besoins essentiels. Pourtant, l’hygiène menstruelle est un réel enjeu de santé publique car elle peut affecter la sécurité, la santé et également la dignité de la femme.
Gaëlle Hladki, sexologue, conseillère conjugale et présidente de DéFI Fleurus explique : « Les femmes sont souvent confrontées à des difficultés pratiques pour gérer leurs menstruations car celles-ci sont encore trop stigmatisées et entourées de silence et de tabous. Au-delà de l’aspect financier qui, pour certaines, les empêche parfois de se rendre au travail ou à l’école les jours de règles car elles ne disposent pas des protections adéquates, elles peuvent développer d’autres mécanismes pour gérer cette période mensuelle, comme l’utilisation improvisée de papier toilette ou de bouts de tissus. Il arrive également que, lors de leurs premières règles, elles cachent leurs petites culottes tachées de sang en les jetant à la poubelle ou en les cachant au fond d’un tiroir. De nombreuses femmes doivent aussi souvent changer leur manière de s’habiller en ne portant pas de vêtements de couleur claire et modifier leurs activités pour que personne ne remarque qu’elles sont réglées, ou encore comment elles se sentent gênées dans les magasins quand elles s’achètent des protections hygiéniques. Il faut donc, dès le plus jeune âge, démystifier les règles auprès des filles comme des garçons, notamment aussi pour résoudre le problème des stéréotypes et des tabous sociaux quant aux menstruations. »
DéFI souhaite donc casser le tabou autour des règles et de l’hygiène menstruelle et faire en sorte que chaque femme en Belgique, qu’elle soit étudiante, sans domicile fixe, détenue, moins valide, travailleuse du sexe ou simplement précarisée, ne souffre pas de discriminations et puisse avoir un accès à des protections hygiéniques et à des installations sanitaires correctes.
Aussi nous aimerions :
DéFI rappelle que les menstruations font partie intégrante de la vie d’une femme et, dans ce cadre, que chacune d’elle doit avoir un accès sûr et égalitaire aux dispositifs lui permettant de pouvoir maintenir une vie active. Il est inconcevable que des discriminations directes ou indirectes puissent encore exister pour un phénomène physiologique !